Magnus Walker, collectionneur déjanté

Entre ses dreadlocks et son look d’éternel ado, Magnus Walker n’a pas exactement le profil-type du porschiste. Pourtant, ce Britannique établi à Los Angeles, est devenu une référence mondiale avec sa collection de Porsche 911.

C’est l’histoire peu banale d’un garçon de 10 ans originaire de Sheffield, cité minière du Nord de l’Angleterre, que son père emmène en 1977 au Salon de l’Auto de Londres : « J’arrive sur le stand Porsche, et là mes yeux se posent sur une 911 aux couleurs Martini, avec des bandes rouges et bleues.La plaque du moteur indiquait « Turbo », et le spoiler était aussi haut que ma tête : J’avais trouvé la voiture de mes rêves ! » Ni une ni deux, il envoie une candidature à Porsche, qui prend soin de lui répondre en l’invitant à patienter quelques années.

Le moteur de la réussite

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En 1986, Magnus Walker part tenter sa chance à Los Angeles, où il crée un business de création et personnalisation de vêtements − Serious Clothings − que portent Madonna et Alice Cooper. Le succès aidant, l’homme s’achète… sa première 911. Il n’a rien oublié de son rêve d’enfant. Nous sommes en 1992 et avec son modèle 1974, il multiplie les infractions routières. Mais perfectionne son coup de volant lors de sorties sur circuit qui lui permettront même de devenir moniteur de pilotage… Porsche. Très vite, sa collection de 911 s’étoffe. Peu obsédé par le respect des configurations d’origine, Walker s’attache à personnaliser chacune de ses voitures avec, à la fois un travail sur le style et une amélioration des performances. En tout, plus d’une quarantaine d’entre elles sont déjà passées par son atelier underground. La légende est en route… mais il faudra attendre 2012 pour qu’un documentariste lui propose de « tourner » sur lui. Ces 32 minutes disponibles gratuitement sur le Web − Urban Outlaw − font alors du grand barbu une star. Du jour au lendemain, les sollicitations affluent du monde entier et les médias multiplient les sujets sur Walker et sa collection.

La reconnaissance suprême

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Pas insensible au tapage ambiant, Porsche lui offre même son billet pour venir visiter les coulisses de l’usine de Stuttgart. Le début d’une longue histoire si l’on en croit le service de communication de la maison qui n’hésite pas à le mettre en avant dans ses stratégies. De figure d’antihéros ( et qui, à l’heure où nous écrivons ces lignes, compte 124 000 fans Facebook et 144 000 abonnés sur Instagram ), ce passionné est devenu héraut de l’un des constructeurs automobiles les plus rentables au monde. Grâce à une 911 Turbo aux couleurs Martini exposée au Salon de Londres 1977. Sacré moteur de réussite.

3 QUESTIONS À… MAGNUS WALKER

Quelles relations entretenez-vous avec Porsche ?
Une relation plus amicale que formelle, simplement validée d’une poignée de mains. C’est d’ailleurs comme ça que je fonctionne, je suis un « handshake guy ». Mais ils m’invitent régulièrement, on peut dire que je fais maintenant partie de la famille.

Parmi les Porsche, seules les anciennes ont-elles droit de cité dans votre atelier ?
L’essentiel de mon travail concerne des modèles anciens, mais à titre personnel j’aime toutes les Porsche, même les plus modernes. Je ne fais aucune différence. Je ne suis pas un puriste non plus. Je transforme toutes les voitures qui passent dans mon atelier au gré de mon inspiration, mixant les influences techniques ou artistiques.

Quel est votre podium pour les 911 ?
Dans le Top 3, je mettrais la toute première 911 de 1964, parce que c’est une icône, le début de la légende. Ensuite une R de 1967, un modèle de course très peu connu. Et pour compléter, la 930 Turbo de 1975 : une vraie bête !

Texte : Claude Barreau

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